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# Posté le dimanche 14 juin 2009 03:44

Arabisation de la vie publique au Maroc : les Amazighs dénoncent le projet de loi

Arabisation de la vie publique au Maroc : les Amazighs dénoncent le projet de loi
Les Amazighs sont le peuple autochtone de l'Afrique du Nord. Bien que menacée d'assimilation, la culture amazighe est toujours vivace, essentiellement dans les zones rurales. Paradoxe : peuplé majoritairement par des amazighophones, le Maroc est officiellement un pays arabe. La Constitution du pays ne reconnaît pas la langue des Amazighs, le tamazight. En effet, son préambule stipule que « le Royaume du Maroc, Etat musulman souverain, dont la langue officielle est l'arabe, constitue une partie du Grand Maghreb Arabe ». Bien qu'il y ait des avancées depuis l'avènement du Roi Mohamed VI, les Amazighs accusent un manque de volonté politique, confirmé par le décalage entre les discours et la réalité. Effectivement, le souverain marocain a pris des engagements pour réhabiliter les culture et langue amazighes (Discours d'Ajdir, 2001). Mais le gouvernement marocain traîne le pas, sous la pression des partis politiques d'obédience arabiste. Les injustices que subissent les Amazighs sont multiples : prénoms amazighs interdits, militants emprisonnés et lourdement condamnés, folklorisation de la culture amazighe dans les médias marocains, échec de l'enseignement de la langue amazighe à l'école...

Présenté il y a quelques mois à la Chambre des Conseillers, le projet de loi sur l'arabisation fait l'objet de nombreuses critiques de la part des Amazighs marocains, qui affirment qu'il vise surtout à poursuivre la politique d'arabisation dont ils sont victimes.

Lors de la session printanière, le projet de loi relatif à l'arabisation de l'administration et de la vie publique a été déposé par le groupe du parti de l'Istiqlal (L'Indépendance) à la Chambre des Conseillers, deuxième chambre du Parlement marocain. Plus précisément par Mohamed EL Ansari , président de la Commission de la justice, de la législation et des droits de l'homme, et Aziz El Filali. La proposition est, entre autre, soutenue par les islamistes du PJD (Parti de la Justice et de la Bienfaisance). Elle consiste à imposer la langue arabe dans tous les secteurs publics. L'arabisation des correspondances administratives figure parmi les grands axes du projet. La langue arabe est la langue officielle du pays. A en croire les dépositaires du projet, le statut privilégié du français menace la langue arabe.

Il faut savoir que l'Isqtilal, parti nationaliste et majoritaire au parlement, a fait de l'arabisation son cheval de bataille. Grand défenseur de la langue arabe, l'actuel premier ministre marocain, Abbas Al fassi est le neveu et le gendre du fondateur du parti Istiqlal. « Est-ce une tare que de parler et d'écrire dans sa langue ? » s'est interrogé Al Fassi dans un entretien accordé au Jeune Afrique (Septembre 2008).

Ainsi, les conseillers de l'Istiqlal estiment que l'emploi de la langue française - ou de toute autre langue- pose souvent des problèmes. « Une notification rédigée dans la langue de Molière pose un problème de preuve. C'est le cas lorsque le destinataire ne sait pas lire le français » affirme Ahmed Kadiri, membre de l'Istiqlal. En fait, les membres de l'Istiqlal ne sont pas à leur première tentative. Le même projet de loi avait déjà été déposé à la Chambre des Conseillers, il y a plus de neuf ans, mais l'échec s'en est suivi. Pour tous les défenseurs du projet de loi, il s'agit « tout simplement d'appliquer la Constitution qui dit que le Maroc est un pays musulman dont la langue officielle est l'arabe » comme le dit Abdehaq Tazi, ancien ministre et membre du parti.

Les Amazighs, ne sont pas de cet avis. Qu'ils soient au Maroc ou issus de la diaspora, ils rejettent catégoriquement le projet de loi sur l'arabisation, qui constitue, selon eux, une énième atteinte à leur dignité. Ainsi, plusieurs associations amazighes de France ont écrit aux élus des différents groupes parlementaires. La lettre, qui date du 22 octobre, demande « le retrait immédiat du projet » et affirme que celui-ci « s'oppose complètement à la diversité linguistique et culturelle ». Membre de l'association Azal pour l'échange artistique et culturel, Hamid Belkacem va beaucoup plus loin : « On aimerait nous faire croire que le projet de loi vient faire bloc au français ce qui est faux. Il s'agit là d'une prise de position idéologique qui vise clairement à éradiquer l'amazighité de la vie publique et qui ne sert que les intérêts de quelques individus, soucieux de préserver leurs privilèges socio-économiques. C'est aussi une réponse au Mouvement Culturel Amazigh qui souffre actuellement de divisions ».

En outre, une pétition a été lancée sur la toile ( www.amazighworld.org) à l'initiative des « potentialités amazighes et démocratiques d'Agadir ». Celles-ci considèrent que « le contenu de ce projet de loi porte atteinte à la pluralité linguistique de notre pays et vise à occulter la langue amazighe qui ne jouit d'aucune protection ni juridique ni constitutionnelle ». Pour les militants amazighs, l'administration est arabisée depuis des décennies. Les amazighophones sont contraints de parler arabe à l'hôpital, dans l'administration, dans les tribunaux etc.... « Officieusement, le projet de loi veut, en fait, faire disparaître ce qui reste de la culture amazighe. » pense Lhusseyn Chanouane, militant au sein de la Coordination des Ait Ghighouch, un mouvement initié par des jeunes amazighs originaires du sud-est marocain.

Le MCA (Mouvement Culturel Amazigh) regroupe de nombreuses associations amazighes au Maroc. En plus d'être identitaires et culturelles, les revendications des Berbères sont socio-économiques et éminemment politiques. Les Amazighs n'hésitent pas à manifester contre la marginalisation socio-économique des zones rurales, essentiellement habitées par des amazighophones. Ils revendiquent surtout la constitutionnalisation de la langue amazighe en lui accordant le statut officiel, aux cotés de la langue arabe. Le MCA exige également la révision de l'Histoire officielle du Maroc et dénonce l'instrumentalisation de la religion à des fins politico idéologiques. Depuis quelques années, l'émergence de la renaissance amazighe au Maroc dérange le pouvoir marocain. Maintenant, la question est de savoir si, cette fois-ci, le projet de loi sur l'arabisation de l'administration et de la vie publique sera enfin voté ? Ne disposant d'aucun soutien politique, les Amazighs anticipent déjà la victoire de l'Istiqlal.

Fatima Alahyan

# Posté le dimanche 14 juin 2009 04:08

Hymne du rif

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# Posté le jeudi 20 août 2009 07:15

Ouarzazate et sa région, Sud du Maroc. Ouarzazate, Kelaa Mgouna, Vallée du Dadès, Tinghir.

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# Posté le jeudi 20 août 2009 07:24

Modifié le dimanche 18 octobre 2009 07:46

Histoire du Rif

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# Posté le jeudi 20 août 2009 07:54

Modifié le dimanche 18 octobre 2009 07:48

TIN-HINAN, la Reine des Touaregs



TIN-HINAN, cette femme énigmatique, dont l'existence nous a été révélée par la tradition orale et dont le nom voudrait dire « celle qui vient de loin » ou « celle qui se déplace », aurait été la mère fondatrice du peuple touareg. A travers les récits et les chants véhiculés par ses descendants, les hommes du désert, on peut retrouver son image : « Une femme irrésistiblement belle, grande, au visage sans défaut, au teint clair, aux yeux immenses et ardents, au nez fin, l'ensemble évoquant à la fois la beauté et l'autorité ».
Lorsqu'elle est arrivée dans le HOGGAR, « elle venait de loin », indique son nom. Les chercheurs ont localisé cette origine chez les Berbères du TAFILALET, une contrée pré-saharienne du sud marocain qui devait être plus verdoyante qu'aujourd'hui.

On ne sait pas pourquoi TIN-HINAN a quitté le Tafilalet mais on suppose que le fait que la vie en Numidie, qui est à l'époque perturbée par l'invasion des Romains, aurait été l'un des arguments pour le départ. Vers une région plus sur et plus libre : IMAZIGHEN « les hommes libres », déjà à cette époque les berbères revendiquaient la liberté...

Autre hypothèse : un conflit personnel au sein de la famille ou de la tribu qui aurait incité TIN-HINAN à fuir loin de son milieu d'origine. Une femme intelligente, une femme d'autorité qui prend la décision de partir... pourquoi pas ?

Ce que l'on sait, c'est qu'elle ne fut pas seule à faire le trajet mais qu'elle se rendit dans ce haut massif du Sahara algérien en compagnie d'une servante nommée TAKAMAT.

Un jour, enfin, le sable s'estompe et la roche granitique, surmontée de crêtes et de pitons, apparaît. Il faut contourner les montagnes, se faufiler dans les vallées, trouver les trous qui ont conservé l'eau de pluie, et surtout faire manger les animaux. Région magnifique, mais aride et difficile. Pourtant, c'est là que TIN-HINAN s'installe. L'oasis d'ABESSALA, près de TAMANRASSET, lui offre l'hospitalité de ses eaux et de ses pâturages. Y rencontra-t-elle d'autres habitants ? D'après Henri Lhote, qui a écrit de nombreux ouvrages sur l'AHAGGAR (Hoggar), le pays aurait connu une population nombreuse, attestée par les palmeraies de Silet et d'Ennedid et des puits creusés avant l'arrivée de TIN-HINAN. Cette population noire, les ISEBETEN, ayant presqu' entièrement disparu, TIN-HINAN n'aurait pas eu besoin de se battre pour conquérir ces lieux devenus inhabités.
Que se passa-t-il dans les années qui suivirent cette installation dans le Hoggar ? Qui fut le père des enfants de TIN-HINAN ? Un compagnon venu avec elle du Tafilalet ? Un noble voyageur originaire de Libye ou d'Egypte ? Ou simplement un survivant de ces habitants qui occupaient les lieux précédemment ? Le nom de ce « père » n'est pas resté dans les récits véhiculés par la tradition. Mais, chez les Touaregs, la femme jouit d'un statut privilégié et le matriarcat est de règle, ainsi donc, n'est retenue que la descendance féminine.

D'après la légende, TIN-HINAN aurait eu trois filles : TINERT, l'antilope, ancêtre des INEMBA ; TAHENKOT, la gazelle, ancêtre des KEL RELA ; TAMEROUELT, la hase, ancêtre des IBOGLÂN.
De son côté TAKAMAT, la servante, aurait eu deux filles qui reçurent en cadeau de TIN-HINAN les palmeraies de la région que possèdent toujours leurs descendants.
Les voilà donc installés dans l'oasis d'ABESSALA. Les tentes blanches se dressent dans ce paysage dominé par le haut massif de l'ATAKOR. La beauté des paysages, le silence de la nuit, le vent dans les montagnes n'a pu qu'inspirer ces nouveaux venus dans la région. Le tobol (tambour) et l'amzad (violon monocorde) étaient-ils déjà présents à l'époque de TIN-HINAN ? On peut imaginer que cette femme de caractère avait aussi le goût de la musique et de la poésie, tout comme ses descendants et, qu'autour du feu, les habitants du campement montraient leurs dons en ces matières.

# Posté le jeudi 20 août 2009 07:58

Modifié le mardi 20 octobre 2009 15:19

Youssef Ibn Tachfin

Youssef Ibn Tachfin
Youssef Ou Tachfine (langue amazigh), ou Youssef Ibn Tachfin (1006-1106) aussi nommé Yussuf Ibn Tashfine premier émir de la dynastie amazighe des Almoravides, qui règnera sur le Maroc actuelle, la Mauritanie, le Sénégal, une grande partie de l'Espagne et du Portugal et l'ouest de l'Algérie jusqu'en 1147. Youssef ne parlait que l'amazigh, il n'avait jamais appris à lire.

Youssef Ibn Tachin était un cousin de Abu Bakr Ibn Omar le fondateur de l'empire almoravide encore en construction, il était son lieutenant, et à sa mort, après l'avoir avant contraint à l'exil dans le sahara, il reprend le flambeau de la conquête et s'institue commandeur des croyants. En 1062, il fait édifier la ville de Marrakech, qui donnera bien plus tard son nom au Maroc. Très vite Marrakech, devint un important centre commercial, culturel et religieux pour l'ensemble de l'Afrique du nord occidental, l'Andalousie et une partie de l'Afrique noire. En effet grâce à sa position stratégique, au croisement d'importantes routes commerciales (or et ivoire), la ville se développera rapidement et deviendra une capitale impériale prospère et très influente. Youssef Ben Tachfine continuera les travaux d'édification de la ville, fora les puits, favorisa la tenue hebdomadaire d'un grand marché rural, organisa une armée à laquelle il incorporera des chrétiens et des Noirs, mit sur pied une administration, créera un atelier monétaire... . C'est à partir de Marrakech que Youssef Ibn Tachfine mènera ses campagnes, notamment en Espagne. Il réalisa, entre 1063 et 1082, l'unification du Maroc et de l'Ouest Algérien.

En 1086, il fut appelé en Espagne par les reyes de taifas, principautés indépendantes, que menaçaient les progrès de la reconquête chrétienne (Reconquista). Le 2 novembre 1086, Ibn Tachfine battait à Sagrajas (Zallaka) Alphonse VI de Castille, qui avait enlevé Tolède aux musulmans l'année précédente. Entre 1090 et 1094, Ibn Tachfine, en conquérant les reyes de taifa, rétablit l'unité de l'Espagne musulmane. Les souverains Almoravides, se déclarant princes des musulmans, reconnaissaient cependant le califat Abbasside. Son œuvre militaire fut la condition qui avait retardé de près de trois siècles la chute de l'Al-Andalus; sans lui elle n'aurait pas assisté à l'éclosion d'esprits tels que : Ibn Rochd, Ibn Tofail, Ibn Baja, Ibn Arabi, Ibn Khaldoun, ou Ibn el Khatib. Ibn Tachfine et les Almoravides, régnant de 1055 à 1147, vinrent mettre un terme à la phase de crise des derniers Idrissides ; à l'époque, l'Islam avait déjà plus de trois siècles de présence au Maroc et le rite malékite avait été introduit par Darras Ibn Ismaïl al Fassi mort en 959. En défendant Al-Andalus, en rattachant les territoires des "reyes des taifas" au Maroc, Youssef Ibn Tachfine avait scellé l'union politique et permis la libre circulation des hommes et des idées entre les deux rives du détroit.

Tachfine mourut selon la tradition à l'âge de 100 ans en 1106. Son mausolée se trouve à Marrakech.

Wikimazigh
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# Posté le mardi 20 octobre 2009 16:06